Djibouti: Gestion des risques et des catastrophes - Les femmes et les filles, une force méconnue de la résilience

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Première du genre au pays, la journée internationale des catastrophes a été célébrée hier au siège de l’UNFD. L’évènement a consacré le courage des femmes face aux conséquences des aléas climatiques en République de Djibouti. La journée internationale de la prévention des catastrophes a été célébrée hier au siège de l’UNFD en République de Djibouti. Le thème retenu pour cette première commémoration était " Les femmes et les filles, la force invisible de la résilience". Première du genre au pays, la journée internationale des catastrophes a drainé un public hétéroclite vers les lieux.

Notons la présence du ministre de l’Intérieur, Hassan Darar Houffanneh, de sa collègue de la Promotion de la Femme et du Planning Familial, Hasna Barkat Daoud, de la coordinatrice résidente du système des nations unies et représentante-résidente du PNUD à Djibouti, Hodan Hadji Mahamoud, de la représentante-résidente de l’OMS, Rayana Bou-Haka, et du premier secrétaire de l’ambassade du Japon parmi la foule d’anonymes réunis sur place.

Placé sous le parrainage conjoint de M. Hassan Darar Houffanneh et de Mme Hasna Barkat Daoud, l’évènement d’hier a consacré le courage des femmes face aux conséquences des aléas climatiques.

Après la lecture d’un verset du Saint Coran, les jeunes pensionnaires du centre de protection de la mère et de l’enfant ont dit avec leurs mots de bambins la vulnérabilité des femmes en cas de catastrophes naturelles.

A raison d’ailleurs puisque celles-ci sont les plus touchées par les calamités naturelles en plus des préjugés auxquels est confrontée la gent féminine.

D’où l’importance de cette journée qui a permis de démontrer la contribution non négligeable des femmes et des jeunes filles avant, pendant et après les catastrophes.

La parenthèse plaide en faveur d’une large implication des unes et des autres dans le processus décisionnel.

C’était tout le sens du plaidoyer du secrétaire exécutif de la gestion des risques et des catastrophes.

M. Ahmed Mohamed Madar a reconnu que les femmes représentaient des agents essentiels du changement de par leur capacité d’assumer un leadership en matière d’atténuation, d’adaptation et de réduction des répercussions des catastrophes.

Et ceci, a-t-il ajouté, à tous les échelons depuis le niveau communautaire jusqu’au niveau national.

On entendait un même son de cloche dans le discours de la coordinatrice résidente du système des nations unies et représentante-résidente du PNUD à Djibouti.

Mme Hodan Hadji a évoqué le rôle clé des femmes incarnant le pilier le plus important face aux catastrophes au regard des leçons tirées des inondations qui avaient endeuillé en 2004plus d’une cinquantaine de familles dans la capitale.

" C’est grâce aux femmes que des milliers d’enfants arrivent à survivre également dans les moments difficiles de la sécheresse".

La responsable onusienne a également émis le souhait d’une meilleure prise en compte des apports des femmes dans tout le cycle de la gestion des risques.

Qu’il s’agisse de la prévention, la préparation, la réponse, la reconstruction et la réhabilitation.

…Le concours précieux des femmes et des jeunes filles.

De même, le ministre de l’intérieur a affirmé que toutes les catastrophes entravaient la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement de notre pays.

M. Hassan Darar Houffanneh a relevé le côté précieux du concours des femmes et des filles durant le processus de réduction des risques et des catastrophes et d’adaptation au changement climatique.

On ne peut que l’admettre si l’on désirait parvenir à une résilience des communautés et à une réduction significative de l’impact des catastrophes selon cette personnalité politique.

"Avec l’évolution de la société djiboutienne, la femme a toujours été à la pointe de tous les combats dans notre pays.

Nous ne pouvons pas arrêter les calamités naturelles, mais nous pouvons et nous devons mieux équiper les personnes et les communautés pour leur donner les moyens d’y résister" a indiqué en substance le ministre de l’Intérieur.

…Dépassement des préjugés.

L’autre moment fort de la journée a sans nul doute été l’intervention de la ministre de la Promotion de la Femme qui a su parler aux noms de toutes les femmes pour expliquer la place qu’elles occupaient aussi bien dans leurs ménages que dans leurs communautés urbaines ou rurales.

Mme Hasna Barkat Daoud a d’emblée rappelé que le thème retenu cette année nous invitait d’une part à transcender les préjugés profondément ancrés en présentant les femmes et les jeunes filles comme uniquement des victimes et d’autre part attirait l’attention de toute la population sur l’appréciation à sa juste valeur l’action de milliers de femmes et de filles pour rendre leurs communautés plus résilientes faces au catastrophes.

Concernant la stigmatisation des femmes et des filles, elle a souligné que la gente féminine était toujours en première ligne pour se lancer dans le processus de relèvement post-traumatique pour la survie de leur communauté lors des catastrophes naturelles.

Pour ce faire, Mme Hasna a mis en exergue l’appel lancé par la Première Dame, Mme Kadra Mahamoud Haid qui au lendemain de la sécheresse dévastatrice de 2010, avait exhorté la population djiboutienne à se serrer les coudes pour venir en aide à leurs frères et sœurs des zones rurales durement affectés par la sécheresse et par conséquent en atténuer les conséquences.

Elle n’a pas manqué de réitérer par la suite l’importance d’impliquer davantage les femmes dans la planification d’une riposte à la catastrophe et aux prises de décisions « car se priver de leurs connaissances rend improbable la satisfaction des besoins des plus touchés par les catastrophes » a-t-elle conclu.

A titre d’illustration, les femmes et les jeunes filles représentent 52% de la population mondiale mais restent du fait de leur vulnérabilité les premières victimes des catastrophes naturelles.

N. K.

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